TÉMOIGNAGE D’UNE MÈRE: DE L’ANGOISSE À LA RESPONSABILISATION

Bonita Lehmann

Bonita Lehmann s’est sentie anxieuse, seule et déprimée lorsqu’elle a appris que sa fillette de 18 mois était atteinte de diabète de type 1. Près de 20 ans plus tard, elle relate ouvertement son expérience pour donner espoir à d’autres parents d’enfants atteints d’une maladie chronique.

Mesurer, compter, surveiller, les piqûres au bout du doigt, l’alternance des sites, les injections d’insuline... pour les parents d’enfants atteints de diabète, cette routine ne connaît jamais de répi

Pour Bonita Lehmann, les rituels et les régimes étaient beaucoup plus que des nécessités médicales, car tous ces gestes s’inscrivaient dans le cadre d’une véritable croisade pour sauver la vie de sa fille Samantha.

Bonita retient ses larmes lorsqu’elle pense au jour où elle a appris que sa fille était atteinte de diabète. « Samantha était somnolente et irritable depuis deux semaines. Elle urinait sans arrêt. « Le médecin que nous avons consulté nous a dit qu’elle était trop jeune pour être atteinte de diabète. À peine quarante-huit heures après cette visite, je l’amenais inconsciente à l’urgence. » À 18 mois, Samantha était alors la plus jeune enfant à avoir reçu un diagnostic de diabète en Alberta.

Ce n’est que quatre jours plus tard que Bonita et sa fille ont quitté l’hôpital. Bonita était en état de choc, et l’expérience a laissé une marque indélébile.

Bonita, qui avait déjà eu peur de perdre sa fille à la naissance, avait l’impression de revivre cette expérience 18 mois plus tard. C’est à ce moment-là que la douloureuse croisade de Bonita a commencé. « J’avais l’impression d’avoir une mission, je devais sauver Samantha, et je voulais tout contrôler », souligne Bonita. Cette réaction est très fréquente chez les parents d’enfants malades. Avec le temps, Bonita s’est sentie de plus en plus seule et isolée. « J’étais malheureuse, déprimée, anxieuse et en colère. J’ai cessé de prendre soin de moi-même », ajoute Bonita. Au cours des dix années qui ont suivi, la santé physique et mentale de Bonita s’est détériorée progressivement, et sa relation avec son mari en a souffert.

Douze ans après l’établissement du diagnostic, un heureux événement est venu tout changer dans la vie de Bonita et de Samantha. En effet, à 14 ans, Samantha a obtenu sa première pompe à insuline. À partir de ce moment-là, tout a changé. « Samantha a gagné plus d’indépendance, et j’ai finalement commencé à me sentir plus libre. Pendant tout ce temps, j’avais réprimé mes sentiments, car seules les émotions de Sam comptaient. J’étais tellement occupée à sauver ma fille que j’avais oublié de penser à moi et à l’exemple que je donnais. »

Les deux années suivantes ont été difficiles, car Samantha, qui était alors adolescente, s’est rebellée contre sa maladie. La situation a dégénéré au point où Samantha s’est retrouvée à l’urgence. Pendant que sa fille se rétablissait, Bonita combattait toujours la dépression et son manque d’estime de soi. Une nuit de janvier 2007, elle fait un horrible cauchemar pendant lequel elle a eu l’imperssion de se noyer. Ce rêve a été un moment décisif

L’année suivante, Bonita a commencé à pratiquer l’haltérophilie. Elle a également adopté une alimentation santé. Tout en veillant à sa mise en forme, Bonita tenait un blogue qui relatait ses succès et s’est mise à raconter son expérience lors d’activités telles que les déjeuners de la FRDJ. Après l’une de ces causeries, une mère s’est approchée de Bonita et l’a serrée dans ses bras. « Elle m’a remercié d’avoir parlé de mon expérience, parce qu’elle n’en était pas capable. » Bonita a alors réalisé qu’elle avait quelque chose à raconter

Bonita a alors pris l’habitude de se lever tous les matins à 5 h 30 pour s’entraîner, méditer et écrire. Au cours des deux années qui ont suivi, elle a décrit son cheminement dans ses mémoires, Saving Her, Saving Me. On My Way to Finding Something Magnificent. Dans ce livre, elle relate son cheminement vers la responsabilisation, la confiance en elle et l’engagement qu’elle a pris d’effectuer les changements qui s’imposaient pour mener une vie heureuse et être en paix avec elle-même. Elle a aussi lancé le site www.DreamBig-LiveAmazing.com afin de transmettre ses convictions et ses connaissances et prodiguer des conseils pratiques aux familles comme la sienne. C’est en s’évertuant à aider les autres qu’elle a pu faire la paix avec sa vie de parent d’un enfant atteint de diabète de type 1.

Bien qu’elle ait pris 20 longues années pour se edécouvrir et pour se redéfinir, Bonita ne regrette rien. « Si ma vie s’était déroulée autrement, je ne serais pas la personne que je suis devenue aujourd’hui. C’est en me responsabilisant, en croyant en moimême et en m’engageant personnellement que j’ai retrouvé mon équilibre. Avant, je m’en faisais pour tout et pour rien. Maintenant, j’ai une personnalité très combative. »

Vous pouvez suivre Bonita et échanger avec elle sur son blogue à DreamBig-LiveAmazing.com. Bonita Lehmann est également présente sur Facebook. Ses mémoires sont en vente sur le site Amazon.ca.