LORSQU’UN PARENT ET SON ENFANT SONT TOUS DEUX ATTEINTS DE DIABÉTE DE TYPE 1

Cora Henderson

Il y a longtemps que Cora Henderson a appris à conserver son calme lorsqu’il est question du diabète de type 1. Puisque le diagnostic est tombé alors qu’elle n’avait que quatre ans, elle n’a jamais connu la vie sans diabète. « Dans les années 80, j’étais l’une des rares personnes atteintes de diabète à Canora, » explique Cora, qui a grandi dans cette petite municipalité saskatchewanaise d’à peine 2 200 habitants. « Ma mère était infirmière, et nous avons appris à régler nos problèmes par nous-mêmes. »

L’approche calme et pragmatique de sa famille par rapport au diabète s’est avérée efficace pour Cora. Toutefois, lorsque le temps est venu de fonder sa propre famille, elle ne pouvait plus faire abstraction du diabète.

« Naturellement, nous y avons pensé, mais le diabète n’allait pas nous empêcher d’avoir des enfants. Notre désir de fonder une famille était plus fort que notre crainte du diabète », se rappelle Cora. La première grossesse de Cora, pour sa fille Charlotte, s’est déroulée à merveille. Maintenant qu’ils avaient un enfant de deux ans en parfaite santé, Cora et son mari n’ont pas hésité à avoir un deuxième enfant. Pendant les années qui ont suivi, Cora s’est consacrée à élever sa jeune famille et à gérer son studio de photographie, avant d’ouvrir une garderie chez elle afin de pouvoir rester à la maison et s’occuper de ses enfants. Puis, au début de l’année 2015, ce que les Henderson redoutaient s’est produit. Cameron, le benjamin, se tenait debout devant le réfrigérateur et réclamait de l’eau sans arrêt. Cora et son mari, Steve, se sont regardés : « Est-ce que ça pourrait être le diabète? »

Cora décrit leur visite à l’hôpital, le lendemain, comme une expérience plutôt décevante. Elle se rappelle les mots du médecin, qui les a renvoyés à la maison après seulement deux heures : « Vous savez ce que vous avez à faire. » Bien que dévastés par la nouvelle, les Henderson ne se sont pas laissé abattre. Cora savait qu’elle était capable de prendre en charge les soins de Cameron.

Mais, trois semaines après l’annonce de ce diagnostic, Cora a soudainement été atteinte d’une hypoglycémie. Cette expérience a transformé sa vie. Alors qu’elle marchait avec Cameron pour l’accompagner à l’école, en compagnie des enfants de sa garderie, elle a commencé à se sentir mal. Une mesure rapide a révélé une glycémie de 1,4 mmol/L. Elle a alors demandé aux enfants de l’attendre, le temps de prendre un peu de glucose liquide.

« C’est alors que tout a chaviré. Le glucose avait un goût affreux, et j’ai été obligée de m’asseoir. J’ai essayé de garder les enfants occupés en leur donnant des biscuits, mais lorsque je les ai sortis, ils m’ont glissé entre les doigts et ils sont tombés dans des excréments de chien. Je me suis alors mise à pleurer. J’ai appelé ma mère et je lui ai dit “Ce n’est pas juste. Deux fois dans la même famille, ce n’est vraiment pas juste.” »


Cora refuse que le diabète soit autre chose qu’une situation anormale à la maison.


Quelques minutes plus tard, après s’être ressaisie, Cora a aperçu Cameron en train de rire et de manger du sable. C’est à cet instant qu’elle a réalisé qu’elle ne devait plus passer le diabète sous silence. « J’ai décidé de dire ouvertement que je suis atteinte de diabète, » explique Cora. Peu de temps après, elle s’est jointe à plusieurs groupes sur Facebook et a commencé à discuter avec d’autres femmes enceintes atteintes de diabète de type 1. « Je ne suis pas du genre à me complaire », explique-t-elle. « Maintenant, je suis heureuse d’avoir des amis qui ont des personnes diabétiques dans leur famille et à qui je peux écrire. Cela me redonne de l’énergie. »

Cora refuse que le diabète soit autre chose qu’une situation anormale à la maison. « Je ne veux pas que le diabète prive Cameron de quoi que ce soit », affirme-t-elle. « Lui et moi, nous comptons les glucides à haute voix. Nous nous aidons mutuellement à faire nos prélèvements. Nous pestons contre le diabète, mais nous ne le voyons pas comme une expérience négative. Cette maladie peut être prise en charge et il existe des technologies pour nous aider. »

À peine quelques mois après le diagnostic, Cora a décidé que Cameron utiliserait une pompe. Elle-même utilisatrice d’une pompe depuis 13 ans, elle admet qu’elle en sait maintenant plus que jamais sur les pompes et sur le diabète. Cora, qui n’avait jamais entendu parler de Dexcom et de la surveillance du glucose en continu (SGC) avant que Cameron ne reçoive son diagnostic, affirme maintenant que la SGC a été une bénédiction. « J’étais tellement nerveuse à l’idée d’installer deux dispositifs sur son petit corps. La plupart du temps, il est assis tranquille à lire, lorsque je change l’emplacement. Je peux maintenant dormir sans crainte pendant la nuit, car je peux me fier au système de SGC Dexcom, qui me renseigne sur sa glycémie et m’alerte au besoin.

La vie n’est plus la même après un diagnostic de diabète, mais en tant que parents, nous pouvons tous apprendre comment aborder et gérer chaque nouvelle journée. »