AU REVOIR, CANADA, HOLA ESPAÑA

Michael Thornton

À douze ans à peine, ce jeune garçon originaire de Toronto, s’est déjà rendu en Europe pour participer à un essai avec un club italien. L’année suivante, en 2013, il s’est rendu en France, en Angleterre, en Italie et en Espagne pour participer à quelques-unes des académies de soccer les plus réputées à l’échelle internationale, notamment celles de l’A.S. Roma, de l’A.C. Milan, de l’Arsenal F.C., de Manchester City et de Real Madrid. Maintenant, en 2014, ce prodige du soccer réalise son rêve. Il s’entraîne avec le meilleur club professionnel de soccer d’Espagne. Michael espère être l’un des premiers Canadiens à devenir joueur professionnel de renom avec l’un des clubs espagnols de soccer.

Même si la vie à Madrid n’est pas sans présenter quelques défis, la décision d’aller vivre en Europe a été facile à prendre. « Nous avons décidé que le temps était venu pour notre famille de découvrir une nouvelle culture, d’apprendre une nouvelle langue et de poursuivre les intérêts de nos fils dans les arts et les sports, explique Debbie Thornton, la mère de Michael. C’était une occasion unique que nous ne pouvions laisser filer. »

Il aborde sa nouvelle réalité à l’étranger avec sa détermination habituelle. Michael, qui est atteint de diabète, est maintenant confronté au double défi de prouver jour après jour que le diabète n’est pas un obstacle et qu’il a ce qu’il faut pour jouer avec sa nouvelle équipe espagnole. En Espagne, le soccer est pris très au sérieux.

« Le niveau de professionnalisme est très élevé, poursuit Debbie. Il y a toujours quelqu’un qui est prêt à prendre votre place et vous pouvez être renvoyé de l’équipe à tout moment. Les jeunes sont constamment sous pression. Ils doivent performer. »

Sur le terrain, Michael évolue dans un esprit de camaraderie qui transcende les cultures et les langues. Tout naturellement, au début, il piquait la curiosité de ses coéquipiers, puisque le soccer occupe en Espagne une place équivalente à celle du hockey au Canada. « Pour les Espagnols, les Canadiens sont perçus comme des joueurs de hockey. Ils étaient donc très étonnés de constater que j’étais capable de jouer au soccer, se rappelle Michael. Mes coéquipiers et mes entraîneurs se sont montrés très coopératifs et très amicaux, et ils se sont intéressés à ma situation. » Pour répondre aux questions qu’on lui posait constamment au sujet de sa pompe à insuline, Michael a été obligé d’apprendre rapidement à dire « ce n’est pas un iPod® ».

Il a aussi dû adopter un nouveau style de jeu et une nouvelle approche. Michael ajoute que ses coéquipiers sont très perspicaces sur le terrain. « Ils savent comment décoder le jeu. Cela fera de moi un meilleur joueur. » Comme on pouvait s’y attendre, les entraîneurs parlent uniquement l’espagnol.

Sur le terrain, Michael est un puissant attaquant dont le rendement a toujours été hors pair. Il étudie fort, il passe de longues heures à s’entraîner, et il accorde beaucoup d’attention à la prise en charge du diabète. « Le sport et le diabète ont bien des choses en commun, car ils exigent tous les deux beaucoup de préparation. Michael ne voudrait surtout pas ruiner ses chances parce qu’il est mal préparé, » déclare Debbie. En plus de son travail au club, il fait de la musculation et du conditionnement physique avec son père Paul et s’entraîne avec un ancien olympien qui est présentement le champion d’Espagne au 800 mètres.

Par ailleurs, la prise en charge du diabète en Espagne leur réservait des surprises et des difficultés. Bien que les Thornton aient pris la peine de remplir une valise de fournitures de prise en charge du diabète, ils ont rapidement constaté après leur arrivée en Espagne qu’il est difficile de trouver des fioles d’insuline en pharmacie et qu’il faut passer une commande spéciale pour en obtenir. Avec la barrière linguistique, ils ont aussi vite compris qu’ils devaient avoir à portée de la main un appareil mobile contenant une application de traduction lorsqu’ils se rendaient à la pharmacie.

Les Thornton ont été obligés d’apprendre à déchiffrer les renseignements nutritionnels – ou à trouver des solutions pour compenser leur absence – sur les plats locaux qu’ils préfèrent, tels la paella (plat de riz), le jamón (jambon) et les tapas (un type de hors-d’oeuvre salé). Le compte des glucides s’est souvent fait par tâtonnements et la glycémie de Michael a connu des fluctuations vertigineuses lors de l’essai de certains de ces nouveaux plats. D’autres particularités culturelles ont aussi nécessité des ajustements. Par exemple, les Espagnols ament souper tard, parfois à 22 h, et de nombreux magasins ferment durant des heures pendant la journée – juste au moment où Michael pourrait avoir besoin d’une collation ou d’une boisson

La pompe à insuline Animas® Vibe® dotée d’un système de surveillance du glucose en continu a permis à Michael de s’adapter plus facilement aux us et coutumes locaux. Michael admet avoir hésité à adopter le nouvel appareil, car il était satisfait du rendement de la pompe qu’il avait auparavant. Il a tout de même décidé d’essayer quelque chose de nouveau – et il est très heureux de l’avoirfait. « Je l’adore! C’est beaucoup plus facile de me préparer pour les matchs et les pratiques avec cette nouvelle pompe, » indique Michael. Le système de surveillance du glucose en continu (SCG) lui donne instantanément l’information dont il a besoin pour contrôler sa glycémie. Plutôt que d’avoir à quitter la surface de jeu pour faire un test de glycémie lorsqu’il s’entraîne, Michael peut facilement vérifier sa glycémie aux moments cruciaux et savoir en quelques seconde dans quelle direction elle évolue.

À l’extérieur du terrain, Michael aborde la vie avec la même passion qu’il déployait au Canada. Comme ses frères, il fréquente une école offrant un programme de baccalauréat international à des étudiants originaires de 56 pays. Comme il le faisait au Canada, Michael s’efforce de sensibiliser son entourage au phénomène du diabète – malgré la barrière linguistique – et il a récemment rencontré Jon Allen, ambassadeur du Canada en Espagne, pour lui parler du diabète. Son travail de sensibilisation au phénomène du diabète et ses talents de joueur ont même fait l’objet d’articles dans un journal local et dans un magazine de soccer en Italie. Quand on lui demande s’il s’ennuie de chez lui, Michael répond comme le ferait n’importe quel autre adolescent de 14 ans. « Je m’ennuie de mes amis et de mon quartier. » Il s’empresse toutefois d’ajouter : « Le seul fait d’être ici, à faire ce que j’aime est quand même fantastique. Parfois, tout cela me semble irréel. Je m’entraîne chaque jour aussi fort que je peux afin de continuer de réaliser mon rêve en Espagne. Pour réaliser un rêve, il À douze ans à peine, ce jeune garçon faut parfois prendre des risques.