LE COIN DES ATHLÈTES: LES PETITS PIEDS DU BONHEUR

Samantha Rutherford

Depuis la fin du XIXe siècle, les claquements syncopés, les frappes brossées et les coups de talons résonnent dans les salles de bal, les théâtres et les studios de danse. Pour certains, la danse à claquettes peut sembler une forme d’expression démodée qui a connu ses heures de gloire au temps de Shirley Temple, Fred Astaire et Gene Kelly. Mais ne dites surtout pas cela à Samantha Rutherford.

« Je dois apprendre à faire tellement chose à la perfection. De plus, je dois donner l’impression que je suis capable de flotter dans les airs sans effort alors que je me démène comme une damnée, » nous explique Sammy.L’adolescente de 13 ans originaire d’Aurora, en Ontario, pratiquait déjà la danse à claquettes lorsqu’elle fréquentait le jardin d’enfants. Samantha étudie le ballet, le jazz, le chant, la comédie musicale, le théâtre et la danse moderne, mais la danse à claquettes est de loin son mode d’expression préféré.

Sammy fait maintenant partie de l’équipe canadienne junior de danse à claquettes. En décembre, son équipe et une autre équipe canadienne se rendront au Championnat mondial de danse à claquettes qui aura lieu à Riesa, en Allemagne.

« C’est l’une des choses dont je suis la plus fière, » confie Sammy. Lors de son audition en avril dernier, elle s’est mesurée à des dizaines de concurrents âgés de 12 à 15 ans. Elle a exécuté des enchaînements de pas, elle a appris sur place une chorégraphie puis l’a exécutée et, enfin elle a improvisé devant le groupe de juges. « Il faut faire au moins deux tentatives avant d’être acceptée, précise-t-elle. Je ne m’attendais pas à devenir membre de l’équipe aussi rapidement. Je suis vraiment heureuse. »

Au cours des quatre mois qui précéderont le Championnat, son équipe se réunira six fois dans la région de Toronto pour participer à des répétitions de quatre heures. Sammy continuera aussi de danser quatre fois par semaine pendant deux ou trois heures dans le studio qu’elle fréquente habituellement, la Somerville Dance Academy.

En plus d’être une danseuse de talent, Sammy est une pianiste et une chanteuse émérite. Dans ses temps libres, elle écrit des récits de fiction qui racontent sa passion pour le spectacle. « J’aime l’attention. J’aime sentir monter l’adrénaline. Et j’ai beaucoup de plaisir. » Le spectacle semble faire partie de l’ADN de la famille Rutherford. En effet, la grand-mère de Sammy, Dorothy Bromby, était une artiste et organiste de renom. Sandy, la mère de Sammy, a grandi dans les coulisses du théâtre et interprèt aujourd’hui des rôles dans des comédies musicales. Pour leur part, son frère Greg et sa soeur Cayleigh participent eux aussi à des compétitions de danse.

Les succès artistiques de Sammy sont encore plus impressionnants lorsqu’on sait qu’elle est atteinte de la maladie de Raynaud, un trouble de l’appareil circulatoire, souvent déclenché sous l’effet du froid ou des chocs émotionnels, qui entrave fortement la circulation sanguine dans les mains et dans les pieds. Les symptômes peuvent se manifester à n’importe quel moment, lorsqu’elle danse, qu’elle fait du jogging ou qu’elle est stressée. Dans son studio de danse, des sacs de riz chauds sont toujours à portée de main pour lui réchauffer les mains et les pieds au besoin.

Par ailleurs, Sammy n’a pas laissé le diabète de type 1 mettre un frein à ses activités. Le diagnostic est tombé en 2009, car on avait cru au départ qu’elle était atteinte de la maladie coeliaque. Après une année de régime sans gluten, la santé de Sammy ne s’améliorait toujours pas et les symptômes de diabète ont commencé à se préciser.

Sammy, qui s’est bien ajustée à la réalité du diabète et de la maladie de Raynaud, affirme aujourd’hui que sa pompe OneTouch Ping® lui facilite grandement la vie. Elle aime son écran illuminé et sa fonction de bolus à distance. Ses professeurs et son réseau d’amis connaissent bien sa situation et lui offrent beaucoup de soutien.

Quand elle réfléchit à tout ce que la danse lui apporte, Sammy s’exprime avec une maturité étonnante pour une jeune fille de 13 ans. « Je me suis sentie très frustrée à de nombreuses occasions, jusqu’à ce que je me rende compte que j’étais ma propre source de frustration. J’apprécie énormément ce que j’ai. La danse m’a ouvert de nombreuses portes.