La chronique de Sandy

Faire en sorte que ça compte

Il y a des gens qui disent qu’ils ne rendraient pas leur diagnostic de diabète de type 1. Je ne suis pas l’une de ces personnes. Bien que je sois d’accord pour dire que le fait d’avoir reçu un diagnostic de diabète de type 1 a en grande partie fait de moi la femme que je suis aujourd’hui, je le rendrais tout de même sans hésitation. Mais, je me demande parfois quelle personne je serais devenue ou en quoi ma vie aurait été différente si les cellules de mon pancréas n’avaient pas soudainement cessé de produire de l’insuline il y a de nombreuses années de cela. On ne le saura jamais, mais chose certaine, je peux dire que le diabète m’a fait prendre parfaitement conscience de ma propre mortalité et cela, mes chers amis aux prises avec un pancréas défaillant, est un cadeau en soi.

L’une des vérités inéluctables concernant la vie est que l’on ne peut pas s’en sortir vivant. Peu importe qui on est, la promesse d’un lendemain n’existe pour personne. On ne peut peut-être pas contrôler le moment où notre heure sonnera, mais on peut décider comment nous choisissons de vivre.

Lorsque j’ai reçu mon diagnostic, j’ai beaucoup pensé à la vie et à la mort. Cela me paraissait tellement cruel, à 17 ans, d’être confrontée aux statistiques sur l’espérance de vie et à la menace de complications, mais cela m’a forcée à réfléchir à quelques-unes des grandes questions de la vie. Si mon espérance de vie devait néanmoins être réduite pour une raison ou une autre, comment choisirais-je de vivre ma vie aujourd’hui? Qu’est-ce que j’aimerais que l’on se rappelle de moi? Quelle serait ma petite contribution à l’univers?

Je n’étais pas pour attendre cette cure difficile à trouver dont on me parlait chaque année qui ne verrait le jour que dans une « dizaine d’années ». C’est à ce moment-là que j’ai pris la décision de ne pas laisser le diabète définir la façon dont je vivrais ma vie, mais que je l’intégrerais à tout ce que je voulais faire. Cette décision m’a bien servie. À certains moments, la gestion de mon diabète a été pénible, mais je peux dire avec certitude que je n’ai pas laissé le diabète me ralentir, et que j’ai accompli des choses assez extraordinaires depuis qu’il fait partie de ma vie.

Cela fait maintenant 28 ans, et chaque année le jour de mon « diaversaire » (jour où j’ai reçu mon diagnostic), je pense à l’année qui s’est écoulée et à quel point je suis reconnaissante d’être encore en vie en ayant la chance de vivre de nouvelles aventures et d’utiliser ma vie comme une force au service du bien. Certains jours sont meilleurs que d’autres, mais je n’ai l’intention de n’en considérer aucun pour acquis.

Ce dont je suis certaine c’est que la vie est courte, et peu importe le temps dont nous disposons sur terre, il revient à chacun de nous de faire en sorte que ça compte.

Comme l’a si bien dit Mae West : « On ne vit qu’une fois, mais si vous le faites bien, une seule fois suffit ».

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